Simplicité – Minimalisme – Esthétique : la combinaison gagnante !

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Simplicité : état des lieux !

En réfléchissant sur le thème de la simplicité, je ressentais comme une ambiguïté, en tout cas une contradiction ; peut-on concilier simplicité et esthétisme ? Rester simple, vivre dans la simplicité, est-ce accepter de vivre dans un environnement « cheap » que j’imagine composé d’objets de seconde mains en plastiques, mis au rebut par d’autres, de ne porter que des vêtements pas vraiment choisis…

« La beauté selon le zen, est un état de non-préoccupation, une liberté à l’égard de tout. Une fois que cet état est atteint, tout est beau. C’est un état d’esprit, l’acceptation de l’inévitable, l’appréciation de l’ordre cosmique, de la pauvreté matérielle et de la richesse spirituelle. » D. Loreau

Cela peut paraître secondaire, voire superficiel, mais pour moi essentiel. J’aime le beau, l’esthétique, le charme, la douceur, l’harmonie, les matières naturelles… Et vivre hors d’un tel environnement me déprime. Non pas parce que je veux vivre dans une maison de catalogue, mais dans un environnement qui vive, qui vibre et qui soit à notre service, fluide et esthétique. J’en ai fait l’expérience, et je pense aussi que le manque de beauté et de nature peut apporter aussi la violence, même si cela n’en est pas forcement la source, comme on peut le voir dans certains centres péri-urbains.

La simplicité prend tout son sens quand on accepte de ne vivre qu’avec l’essentiel, se débarrasser du superflu, et de ne choisir à la place du beau,  du durable et du pratique. Et de s’en servir jusqu’à plus soif, car posséder des objets qui restent dans la placard, finalement cela a peu de sens !!

Un esprit minimaliste permet de rester simple, de percevoir la quintessence des objets, des lieux et des énergies qui circulent. De voir le charme de la patine d’un meuble en bois, de percevoir la douceur d’un plaid, et de la gaité d’une touche de couleur apportée par de menus détails, un cadre, un bougeoir, un bouton de fleur…

Un esprit minimaliste permet aussi de vivre dans un environnement plus ordonné, plus simple à vivre, moins de rangement, moins d’encombrements, et ça, c’est bon !! Que de stress de rentrer dans une maison en désordre, en tout cas, chez moi, c’est automatique !! Je déteste rentrer et voir des miettes sur la table, ou bien de voir des piles de linge qui trainent (et pourtant c’est fréquent !).

Moins, c’est plus… Plus de sérénité, plus d’ordre, plus d’espace, plus de beauté, plus de temps pour l’essentiel…

« Espace, lumière, ordre, voilà ce dont l’homme a besoin pour vivre, autant que de nourriture ou d’un lit. » Le Corbusier

Cela me rappelle les paroles de Enzo Mari qui concevait que l’enfance devait être le temps de l’éducation à la beauté en toutes choses et qu’une grande attention devait être apportée notamment aux jouets et jeux des enfants. Qu’une grande attention,  à la simplicité aussi, car il trouvait que deux jouets dans une chambre c’était déjà trop… Cela fait réfléchir, car malgré toutes nos convictions, nos idées, les chambres de nos enfants regorgent de jeux/jouets qu’ils s’amusent surtout à ne pas y jouer (ou si peu…).

D’ailleurs, dans cet esprit minimaliste et de simplicité, j’ai décidé de n’offrir par an (et cela vaut pour la famille également où l’on devra tous se concerter) qu’un seul jouet/jeu par an. Celui-ci devra donc être choisi avec grand soin pour faire plaisir, pour durer… Une grande attention sera également apportée pour offrir des cadeaux qui seront de moments intenses à vivre, autant des souvenirs à savourer plus tard… Une nuit sous la tente, des feux de camp, monter à cheval, observer les étoiles, un acrobranche, écouter de la musique, le chant des cigales, faire une pyjama party, ou que sais-je ?!! Ces moments qui forgent une enfance heureuse. Plus que les jouets qu’ils oublieront car trop nombreux.

Moins, c’est plus… Plus de joie, de souvenirs, de créativité, de liberté !

Je ne peux que vous conseiller de lire « L’art de la simplicité » de Dominique Loreau qui est une source de réflexions à ce sujet.

« Le vrai luxe est celui dans lequel on s’installe comme naturellement, presque sans le voir : de bons fauteuils à l’odeur de cuir, un plaid en cachemire, des verres à eau en cristal, une nappe en lin blanche, de simples assiettes en porcelaine blanche qui gardent la chaleur,   d’épaisses serviettes en coton égyptien, une pièce dénuée de bibelots mais offrant un feu de bois en hiver, un bouquet de fleurs discret, des légumes de saison provenant d’un jardin avoisinant.

Le faux luxe est celui qu’on achète en voulant reproduire un intérieur vu dans un magazine à la mode, en se meublant high tech sans prendre en compte le confort, en cuisinant des ingrédients selon son imagination mis parfaitement indigestes, en allant passer des vacances dans des endroits branchés et surpeuplés tout en avalant des tranquillisants pour récupérer de sa fatigue. » D. Loreau

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Liste pour se simplifier la vie !

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Liste pour se simplifier la vie

(L’art de la simplicité, Dominique Loreau)

1. N’acceptez pas ce que vous ne voulez pas.

2. Ne vous sentez pas coupable de jeter ou de donner.

3. Ne collectionnez pas les échantillons de parfumerie dans votre salle de bain.

4. Imaginez que votre a brûlé et faites la liste de ce que vous rachèteriez.

5. Puis de celle que vous ne rachèteriez pas.

6. Photographiez les objets aimés mais jamais utilisés, puis débarrassez vous en.

7. Appliquez votre expérience à vos besoins et, dans le doute, jetez.

8. Débarrassez-vous de tout ce qui n’a pas servi dans l’année.

9. Faites vôtre le mantra : « Je ne veux rien qui ne soit essentiel ».

10. Réalisez que moins entraine plus.

11. Distinguez vos besoins de vos envies.

12. Voyez combien de temps vous pouvez « tenir » sans un objet que vous croyiez indispensable.

13. Eliminez autant de choses matérielles que possible.

14. Ne « rangez » pas en vous contentant de déplacer.

15. Dites-vous que la simplicité ne signifie pas éliminer ce que l’on aime, mais éliminer ce qui ne contribue pas ou plus à notre bonheur.

16. Sachez que rien n’est irremplaçable.

17. Décidez du nombre d’articles que vous voulez garder (cuillères, draps, paires de chaussures,…).

18. Désignez une place pour chaque chose.

19. N’accumulez ni les boîtes vides, ni les sacs, ni les bocaux.

20. Ne gardez pas plus de deux tenues pour les travaux ménagers.

21. Prévoyez un meuble de classement pour les documents précieux, le matériel de papeterie, les batteries de rechange, les cartes routières, les CD… tous ces « SDF ».

22. Inspectez chaque pièce : un objet en moins est un époussetage en moins.

23. Posez-vous la question : « Pourquoi Est-ce que je garde ça ? »

24. Imaginez la visite des cambrioleurs : ne leur offrez rien.

25. Ne soyez pas prisonnière de vos erreurs d’achat passées. Réparez en éliminant.

26. Amusez-vous à faire une liste de tout ce qui est en votre possession. Impossible ?

27. Et une liste de tout ce dont vous vous êtes déjà débarrassée. Que regrettez-vous ?

28. Dites-vous que pour votre bien-être, vous devez vous défaire de tour ce qui vous irrite, même s’il s’agit d’objets sentimentaux.

29. N’hésitez pas à troquer le bien pour du mieux. Vous y gagnerez en satisfaction.

30. N’acceptez jamais des choix de seconde classe. Plus chaque éléments de votre environnement se rapproche de la perfection, plus vous en retirerez de la sérénité.

31. N’achetez que quand vous avez l’argent en poche.

32. Le changement est ce qui maintient une maison en vie.

33. Faites confiance aux objets classiques ayant fait preuve de leur qualité.

34. Organisez-vous de manière à ne plus avoir à organiser : éliminez.

35. Réduisez le nombre de vos activités.

36. Veillez à ce que toute nouvelle acquisition soit plus réduite en taille, en poids et en volume.

37. Rejetez les gadgets.

Le pêcheur et l’homme d’affaires

Il existe de nombreuses versions de cette petite fable que je trouve très inspirante et qui allie simplicité et disponibilité.

Parce qu’il n’est pas toujours utile de faire de grands détours pour être heureux et avoir du temps à soi.

Le Pêcheur et l’homme d’affaires

« Un riche homme d’affaires était en vacances en Inde. Un matin, sur la grève, il aperçut la barque d’un pêcheur qui rentrait.
– Oh là ! lui cria-t-il. La pêche a été bonne ?
Le pêcheur lui sourit et lui montra quelques poissons posés sur le sol de sa barque :
– Oui, c’est une bonne pêche.
– Il est encore tôt. Je suppose que tu y retournes.
– Y retourner ? demanda le pêcheur. Mais pour quoi faire ?
– Mais parce qu’ainsi tu en auras plus, répondit l’homme d’affaires, à qui cela semblait une évidence.
– Mais pour quoi faire ? Je n’en ai pas besoin !
– Ceux que tu as en plus, tu les vendras !
– Mais pour quoi faire ?
– Tu auras plus d’argent.
– Mais pour quoi faire ?
– Tu pourras changer ta vieille barque contre un joli petit bateau.
– Mais pour quoi faire ?
– Eh bien, avec ton petit bateau, tu pourras avoir plus de poissons.
– Mais pour quoi faire ?
– Eh bien, tu pourras prendre des ouvriers.
– Mais pour quoi faire ?
– Ils pêcheront pour toi.
– Mais pour quoi faire ?
– Tu deviendras riche.
– Mais pour quoi faire ?
– Tu pourras ainsi te reposer.
Le pêcheur le regarda alors avec un grand sourire :
– C’est justement ce que je vais faire tout de suite. »

La version que j’ai choisi a été trouvé ici

Lecture offerte, extrait choisi !

Je me permets de publier le commentaire de Caroline car l’extrait choisi mérite d’être lu ! Et encore merci de nous avoir fait partager ce moment de lecture offerte.

confiture

Voilà à quoi j’ai pensé en lisant votre texte:

« Le jour que nous reçûmes la visite de l’économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseille et de framboise.

L’économiste, aussitôt, commença de m’expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que c’était une coutume du moyen âge, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.

– Attendez, monsieur! m’écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal ?

– Quoi donc? Fit l’économiste.

– Mais l’odeur, monsieur, l’odeur! Respirez : la maison toute entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l’odeur des confitures!

L’économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d’herbivore. Je commençais de m’enflammer.

– Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n’a pas d’importance. Quand les confitures sont faites, eh bien! Monsieur, nous les jetons.

J’ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum. »

GEORGES DUHAMEL, Fables de mon Jardin
(7ème édition, Mercure de France, Paris, 1936)

J’espère que ce texte vous plaira autant qu’à moi!
Et merci de m’avoir fait découvrir ce texte de Satish Kumar.
Bonne soirée

La simplicité, extrait!

Au commencement de cette semaine quinzaine, j’entreprenais une réflexion sur le simplicité de la parole. Il faut me connaître: j’ai une réputation de bavarde qui me colle à la peau (même si je deviens de plus en plus sage au fil des années!) et je suis orthophoniste, alors la simplicité de la parole, ça me parle! Cette semaine, j’ai tenté: moins de mots, plus de sens, plus de conscience, plus d’écoute auprès des miens et au travail. Ce fut soulageant, reposant comme expérience, je vais m’évertuer à continuer dans ce sens. J’aurais eu très envie de vous en dire davantage mais…

… Mais hier en lisant Satish Kumar « Tu es, donc je suis » ou « Comment être heureux grâce aux autres », j’ai voulu partager cet extrait incroyable qui vaut tous mes beaux discours sur la simplicité!

Voici:

En Inde, dans les années 40. La mère de l’auteur offre à sa fille un des châles qu’elle vient de terminer. Il est si beau qu’elle souhaite l’accrocher au mur afin de l’admirer.

 » Je t’ai offert ce châle pour que tu le portes, répliqua-t-elle. Ce n’est pas une pièce de musée. Avec quoi t’habilleras-tu si tu mets tes beaux habits aux murs? Porte-le, ma fille. Porte-le! Et apprends à fabriquer de beaux objets utiles et durables. » (…)

« Tu fais de si jolies choses maman! Mais tu y passes tant de temps… Il te faut six mois, parfois même un an pour fabriquer une jupe ou un châle. Tu irais baucoup plus vite si tu travaillais avec une machine à coudre. Les nouveaux modèles sont très performants, tu sais! Veux-tu que je t’en offre une?

– Une machine? s’étonna ma mère. Pour quoi faire?

-Pour gagner du temps. »

(…)

Maman poursuivit: « Je ne manque pas d’énergie et j’aime travailler. Pour moi, le travail manuel est une forme de méditation. N’importe quelle activité peut me conduire à la méditation si je l’entreprends pleinement, avec le sens du sacré. Veux-tu me priver de méditation? Quand je suis penchée sur mon ouvrage, l’aiguille à la main, j’ai l’esprit en paix. Tout est si calme autour de moi! Si je cousais à la machine, je devrais renoncer au silence. Quant au temps qu’elle me ferait gagner, c’est peut-être une vue de l’esprit. Crois-tu que je travaillerais moins si j’avais une machine à coudre? Je fabriquerais dix châles par an au lieu d’un ou deux, et j’utiliserais plus de tissu. Et même si je gagnais du temps, qu’en ferais-je? Coudre est une joie pour moi, pas une contrainte. » (…)

J’étais fasciné par son talent, et plus encore par la joie que lui procurait cette activité toute simple.

sari 1Cette lecture m’a permis de réfléchir aux objets de consommation que nous offre le monde moderne. Nombreux sont ceux qui nous permettent un gain de temps mais qui peuvent nous éloigner du processus, de la réalisation en ayant comme but unique la finalité. Je m’explique. Quelle maman n’a pas entendu parler du thermomix, outil à priori indispensable pour toute cuisinière et maîtresse de maison! Cet objet, si coûteux, ne permet pas, à mon sens, d’apprécier le processus de la recette qui se joue. Nous ne pouvons apercevoir le chocolat qui fond et qui se lie au beurre, ni nous pouvons soulever le couvercle et humer le fumet qui s’en échappe… Gagner du temps, mais perdre en joie.

Et d’autres objets nous font à priori gagner du temps, de l’effort physique. Loin de moi l’idée de revenir à l’âge de pierre mais peser le pour et le contre, réfléchir…

La simplicité ou source de bonheur!

« La simplicité est la sophistication suprême » Léonard de Vinci

Claire

La simplicité ou la complexité de vivre simplement…

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Rarement je serais restée aussi longtemps devant une page blanche… J’ai effacé, recommencé, oublié, demandé un délai supplémentaire… Et dire que ce n’est que la deuxième semaine du défi (enfin troisième car nous nous sommes accordés du rab !).

Que c’est complexe d’écrire sur la simplicité !

Quel sens donner à ce mot ? On sent que ce mot vibre, que ce mot revêt plus que son apparence.

  • Simplicité : ce qui est débarrassé du superflu ?
  • Simplicité : ce qui est profondément lié à la nature ?
  • Simplicité : ce qui est beau, sans artifice ?
  • Simplicité = humanité ?

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 Certains ont en fait une philosophie de vie, des millénaires avant nous : des moines, des religieuses, des mystiques (François d’Assise), des philosophes antiques (je pense notamment à Diogène), ou d’autres comme Pierre Rahbi (auteur de « Vers la sobriété heureuse »).

Oui, il est simple d’être heureux simplement en changeant son regard sur le monde. Oui, le monde est ce qu’il est, avec tous ses défauts mais aussi toutes ses beautés.

La simplicité érigée en mode de vie : oui, j’adhère tout de suite ! Mais deux points fondamentaux se bousculent de suite :

Quelles modalités ? Je pense aux modalités pratiques, matérielles mais aussi immatérielles. Comment mettre en œuvre cette simplicité ?

Et puis surtout : ma vision simplicité est-elle réellement une simplicité ?!!! Je l’avoue, nous sommes plus riches que les deux tiers de l’humanité, au minimum. Concrètement, pour vivre, on nous dit souvent qu’un quidam de notre époque a le niveau de vie d’un roi antique (esclaves compris). Alors, ne nous leurrons pas, ces esclaves existent, mais ils nous sont invisibles, à l’autre bout du monde.

Pour eux, mais aussi pour nous, et pour nos enfants, j’ai envie de vivre le plus simplement possible.

Vivre simplement, dans la simplicité, c’est pour moi se contenter de ce que l’on a. D’essayer encore et toujours de VIVRE intensément, pour être et non avoir. De donner, de partager, d’être conscients des enjeux de ce monde sans être fataliste. Tenter, et œuvrer pour soi et les autres.

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Vivre dans la simplicité, c’est comprendre que le plus beau réside dans le plus simple, un sourire, un livre, une petite main d’enfant serrée dans sa main, un mot, une fleur, un rire, un dessin, une glace vanille-framboise, marcher pieds nus dans le sable mais aussi sur les galets, un arbre, un bruissement de feuilles, le regard attendri de sa mère ou de son père, une bataille d’eau, des jeux de cartes et des jeux de plateaux qui durent toute la nuit, un pissenlit, une amie, un feu de camp ou de cheminée, des graines pour les oiseaux, le vol d’une oie sauvage, votre enfant qui vous dit pour la première fois : « je t’aime maman »…

Alors oui, assurément, simplicité rime avec humanité !photo Sophie Lenaerts 4

Un merci spécial à Sophie Lenaerts pour son incroyable talent de photographe et qui, en plus, m’a autorisé à publier ses photos !