Le pêcheur et l’homme d’affaires

Il existe de nombreuses versions de cette petite fable que je trouve très inspirante et qui allie simplicité et disponibilité.

Parce qu’il n’est pas toujours utile de faire de grands détours pour être heureux et avoir du temps à soi.

Le Pêcheur et l’homme d’affaires

« Un riche homme d’affaires était en vacances en Inde. Un matin, sur la grève, il aperçut la barque d’un pêcheur qui rentrait.
– Oh là ! lui cria-t-il. La pêche a été bonne ?
Le pêcheur lui sourit et lui montra quelques poissons posés sur le sol de sa barque :
– Oui, c’est une bonne pêche.
– Il est encore tôt. Je suppose que tu y retournes.
– Y retourner ? demanda le pêcheur. Mais pour quoi faire ?
– Mais parce qu’ainsi tu en auras plus, répondit l’homme d’affaires, à qui cela semblait une évidence.
– Mais pour quoi faire ? Je n’en ai pas besoin !
– Ceux que tu as en plus, tu les vendras !
– Mais pour quoi faire ?
– Tu auras plus d’argent.
– Mais pour quoi faire ?
– Tu pourras changer ta vieille barque contre un joli petit bateau.
– Mais pour quoi faire ?
– Eh bien, avec ton petit bateau, tu pourras avoir plus de poissons.
– Mais pour quoi faire ?
– Eh bien, tu pourras prendre des ouvriers.
– Mais pour quoi faire ?
– Ils pêcheront pour toi.
– Mais pour quoi faire ?
– Tu deviendras riche.
– Mais pour quoi faire ?
– Tu pourras ainsi te reposer.
Le pêcheur le regarda alors avec un grand sourire :
– C’est justement ce que je vais faire tout de suite. »

La version que j’ai choisi a été trouvé ici

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Etre ou ne pas être … disponible

Il y a deux ans environ, alors que nous mangions dans la galerie d’un centre commercial avec ma grande Fleur, deux adolescents se sont assis à la table voisine. L’un en face de l’autre, ils ont ouvert leurs ordinateurs portables et se sont connectés à facebook. Durant les 45 minutes où nous étions présentes, ils n’ont pas levé les yeux de leur écran.

Disponibles pour l’ensemble du monde sauf pour la personne assise en face (ou bien ont-ils communiqué via les réseaux sociaux, j’avoue ne pas avoir vérifié …).

Ma vie citadine est bien loin maintenant. Je ne prend pas les transports en commun. Je ne fréquente pas les Mac Do wi-fi. Je n’ai même pas internet sur mon téléphone portable. Mes voisins sont des papys qui me parlent jardinage et météo. Bref, tout ça ne me concerne pas, je ne suis pas comme ces jeunes garçons.

Et pourtant si.

Aujourd’hui, nous sommes censés être disponibles en permanence grâce au téléphone portable. Etant donné que les forfaits sont souvent illimités, les conversations peuvent être vraiment longues, d’autant que raccrocher rapidement est perçu comme impoli. Faîtes l’essai : répondez au téléphone et tentez de raccrocher avant trois minutes de conversation (ce défi ne tient pas compte, bien entendu, des vendeurs de panneaux solaires, offres toupargel et autres télémarketing du genre).

A l’heure actuelle, même en vacances, nous sommes disponibles ; au cinéma, à la plage, chez des amis, les portables restent allumés et nous répondons quand ils sonnent.

Je pense, à ce sujet, être moyennement raisonnable : si allumer mon ordinateur est une des premières choses que je fais le matin, internet attend sagement mon retour de vacances pour être consulté et mon téléphone est en permanence sur vibreur ; je le consulte plusieurs fois par jour mais le garde rarement sur moi.

Comme je le disais, aujourd’hui nous sommes disponibles sans l’être. Disponibles pour l’ensemble du monde sauf pour la personne assise en face … Disponibles pour les appels et les sms tout en manquant cruellement de respect à notre entourage, ces personnes qui comptent le plus pour nous, qui sont là, sous nos yeux, et que l’on abandonne pour une conversation gratuite à durée illimitée.

En matière de disponibilité, voici donc mes quelques règles :

– mon portable est sur vibreur. C’est un accessoire utile que je consulte plusieurs fois par jour, pas le prolongement de ma main droite.

– lorsque je fais une activité, que je lis un livre avec les enfants, je ne suis disponible pour personne d’autre. Je ne « travaille pas » pour m’occuper d’eux, je veux leur offrir un temps de qualité.

– le soir, je passe un moment devant mon ordinateur, un moment pour moi. Mon mari est présent pour s’occuper des enfants, j’ai le droit de dire que je ne suis pas disponible durant un quart d’heure, voire plus.

– je tiens à rester assise avec ma famille au lieu de courir partout durant les repas. Régulièrement, je met tout le menu dans l’assiette, j’improvise une jolie présentation et tout le monde est content.

– quand mes enfants font des « bêtises », c’est bien souvent parce que je ne suis pas disponible, trop occupée pour détecter le « point de non retour » . Etre dans le moment présent permet de ne pas laisser dégénérer des situations faciles à canaliser. Parler calmement, à leur hauteur, en les regardant, leur montre que je suis vraiment là pour eux : ils écoutent plus volontiers, se détendent plus rapidement ou sortent ce qu’ils ont besoin de sortir dans de meilleures conditions : crier, taper un coussin, pleurer etc … Ces temps d’entière disponibilité sont essentiels : dans un regard il passe tant de choses !!! Aller consoler un enfant en restant scotché à son téléphone, demander des explications humiliantes devant tout le monde, lever deux secondes les yeux de son ordinateur pour voir ce qui se passe, ça ne marche pas.

– Je parle ici des enfants mais être disponible pour mon mari est aussi très important. Ne pas avoir de lave-vaisselle, par exemple, est un excellent moyen de passer un moment sympa le soir à discuter et à être vraiment ensemble.

Je veux, j’exige, donner le meilleur de moi-même aux personnes qui me sont le plus chères. Et pour donner le meilleur de moi-même, ma disponibilité doit être pleine et entière.  Il n’y a pas de secret.

(émilie)

La disponibilité : question de temps ou d’état d’esprit ?

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La disponibilité est-elle une question de temps ou d’état d’esprit ?!

Telle est la question qui me revient sans cesse. Et selon les états d’esprit, les états de fatigue, les états de joie, la réponse varie !! Et oui, quand je suis reposée, je me dis que clairement c’est un état d’esprit et puis, quand je me fais happée par la vie de famille, et bien je me dis que clairement c’est une question de temps !!!

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Mais après tout, peu importe la réponse, comme très souvent, c’est avant tout une question de regard… Vers où porter son regard… Reconnaître qu’il n’existe pas une seule vérité, que nous sommes portés par des émotions, un environnement changeant et qu’il faut composer.

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Oui, la disponibilité est une question de temps !

Etre disponible à notre époque est une gageure, nos vies se déroulent à 100 à l’heure. En étant parent, cela se corse encore !! La véritable gageure est désormais d’être disponible également pour soi.

C’est ici que commence mon plaidoyer pour un temps pour soi, un temps pour se recentrer, car être disponible, c’est être présent de corps et d’esprit. On oublie le mode automate !! Et, il me semble impossible ou quasiment inhumain d’être disponible pour les autres sans avoir pu être d’abord disponible à soi.

Se donner à soi-même, puis multiplier et redistribuer !

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Etre seul pour rêver, lire, imaginer, créer…. Tout ce que l’on veut. Ces moments, un peu égoïstes certes, mais ressourçant !

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Oui, la disponibilité est un état d’esprit !

Et puis, on peut également être disponible d’une autre manière. Ce temps pour soi n’est ni acquis ni automatique ni une pensée magique !

Alors, comment faire quand le temps personnel manque ? Et bien, se dire que oui, la disponibilité c’est aussi un état d’esprit. J’aime beaucoup la réflexion d’Isabelle Filliozat sur le temps qui nous dit qu’il n’existe qu’un seul temps, et qu’il nous appartient à chaque instant même si nous l’offrons à quelqu’un d’autre. Le tout c’est d’être présent, là ici et maintenant.

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Pour terminer, j’ajouterais qu’être disponible, c’est aussi être serein.

C’est savoir accueillir ses besoins et ceux des autres et pouvoir y répondre.

Tout un programme…! Une vie suffira t-elle pour apprendre à être disponible ?