Ecrire, c’est réfléchir deux fois

Extrait de « L’art des listes » de Dominique Loreau

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« Une émission de télévision japonaise expliquait un soir que le but de la lecture et de l’écriture « était de mieux vivre. Cette petite phrase m’est toujours restée. Si lire et penser sont des activités indispensables pour évoluer, écrire aide surtout à clarifier ses pensées, à les cristalliser.

En prenant des notes de vos lectures, par exemple, vous ferez vôtre les idées qui retiennent votre attention ; elles vous resteront en profondeur, bien plus que si vous vous étiez contenté de reposer le livre après sa lecture. Cette prise de note vous obligera à vous poser, à prendre le temps de réfléchir. On doit et peut constamment se remettre en question, affiner son mode de pensée.

Supports hybrides de nos pensées où s’accumulent, au fil du temps, sentiments, réflexions, notes, notations, ébauches de projets, poésies…, nos écrits emmagasinent une réserve de matériaux mobiles et provisoires, et constituent bien qu’incomplets et lacunaires, toute une panoplie de « brouillons de soi ».Si vous reprenez ces « brouillons » et que vous les réorganisez sous forme de listes (liste de mes peurs, de mes colères, de mes responsabilités…), ils deviendront de véritables objets d’analyse. Vous rassemblerez, emmagasinerez des informations plus faciles à analyser qu’un texte en écriture libre, au fil de vos pensées. Vous ferez acte d’organiser concrètement votre mental, de prendre conscience de votre propre identité, et, en vous voyant sur le papier, vous prendrez du recul. C’est alors que vous pourrez commencer à changer pour éviter de retomber, une fois de plus, dans les mêmes erreurs destructrices. Le feedback aura fait son effet.

En faisant état non seulement de vos petites faiblesses, mais aussi de vos peurs, de vos colères, de vos doutes, vous prendrez conscience de ce qui se passe en vous, vous apprendrez à l’accepter puis à le corriger ou à le changer si vous estimez que cela est bon pour vous, ou de ne rien changer du tout mais d’assumer en pleine conscience les conséquences de vos actes. Vos défauts, vos faiblesses feront désormais consciemment partie de vous, de votre identité. Si vous reconnaissez que ce que vous faites vous dérangent ces « reconnaissances » vous donneront le moyen de vous méfier consciemment du tort ou du mal que vous vous faites.

Vous allez donc commencer par faire une liste de tout ce que vous remarquez en vous, y compris vos qualités et vos défauts, des réactions contraires à vous mais que vous avez exprimées ou ressenties lors d’une colère ou d’un conflit.

Surtout, en notant cela, ne jugez pas la personne que vous étiez dans ces moments-là. Vos listes révèlent la personne que vous êtes derrière les masques que vous portez dans la société, dans votre entourage. Aimez cette personne que vous êtes seul à connaître. Acceptez-là. Soyez indulgent envers elle. Regardez-là avec un cœur d’adulte, avec compassion et amour. Vous voyez le choses aujourd’hui avec plus d’objectivité que cette personne n’en était capable, elle, sur le moment. Toutes les erreurs sont nécessaires, les balbutiements, l’aveuglement. Nous sommes comme la nature, en constant changement. Nous n’avons pas à devenir un être idéal. Personne ne nous demande d’être ceci ou cela. Il en est ainsi de la nature humaine que d’avoir toutes sortes de contradictions. Mais faire preuve de maturité, c’est en être conscient et s’efforcer de vivre le plus harmonieusement possible avec tous les moi que l’on porte en nous. »

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